Valais - pollution au mercure - dangers et effets du Mercure sur l'organisme.

February 7, 2018

 

Dans l’affaire du mercure, fin 2017 la justice oblige le Valais à publier le rapport de la discorde

Désavouant le Conseil d’Etat valaisan, qui s’opposait à une requête de la RTS, le Tribunal cantonal juge que l’investigation historique sur la pollution au mercure doit être rendue publique. Des millions de francs pourraient dépendre de ce document.

"Il est consternant de devoir prendre des mesures de droit aussi longues et coûteuses pour obtenir des informations qui concernent directement le public et sa santé."

Pour le tribunal, «l’accès à tout document officiel doit être garanti». Le juge insiste: «En cas de pollution massive, comme en l’espèce, l’intérêt du public à être informé et à pouvoir se forger une libre opinion l’emporte sur un éventuel intérêt au maintien du secret et sur les relations entre la présumée source de la pollution au mercure et l’Etat.» 

Voir l'article "Letemps.ch"

 

 

Mais quels sont les effets d'expositions prolongées ou répétées au mercure ?

D'après les fiches de sécurité chimique internationales, la substance peut avoir des effets sur le système nerveux central et les reins , entraînant une irritabilité, une instabilité émotionnelle, des tremblements, des troubles mentaux, ainsi que des troubles de la mémoire et de la parole. Peut causer une inflammation et une décoloration des gencives. Danger d'effets cumulatifs. Les tests chez l'animal montrent que cette substance peut entraîner des effets toxiques sur la reproduction ou le développement chez l'homme.

La valeur limite d'exposition est de 50 microgrammes de Hg/m3 d'air afin que la teneur limite de 100 microgramme de Hg/L de sang ne soit pas dépassée.

La dose toxique (OMS) est estimée à 0,4 mg la dose létale entre 150 et 300 mg et la dose hebdomadaire tolérable temporairement est de 0,3 mg/personne dont moins de 0,2 mg sous forme de méthylmercure.

La dose admissible dans l'eau potable ne doit pas excéder 1 microgr/L (OMS).

Une absorption de composés alkylés supérieure à 4 microgr/jour/personne de mercure entraîne des troubles.

Dans l'attente des documents et des investigations de l'état sur cette pollution dans le Valais, il est conseillé aux personnes de faire une prise de sang afin d'évaluer la présence de mercure dans l'organisme.

En fonction des résultats,

des molécules qui chélatent le mercure et l'éliminent peuvent être utilisés conjointement à l'infrathérapie.

Il est par contre nécessaire d'éliminer la pollution des terrains contaminés, et tout aussi nécessaire en tant que consommateur de faire attention à son alimentation.

Prudence oblige vu les effets nocifs sur la santé du Mercure.

Quels sont les effets du Mercure sur l'organisme ?

 

L'hydrargyrisme : 

Il s'agit d'une éruption cutanée ou coloration anormale de la peau et des téguments (couche protectrice de l'organisme constituée par la peau, ou le plumage et les écailles chez les animaux), secondaire à l'ingestion ou à l'application de mercure ou de composés contenant du mercure.

L'hydrargyrisme se rencontre essentiellement au cours des maladies professionnelles et tout particulièrement chez les ouvriers travaillant dans la métallurgie du mercure ou à la fabrication d'explosifs.

 

L'hydrargyrisme se traduit essentiellement par :

  • Une détérioration du cerveau avec problèmes intellectuels

  • Une atteinte du cervelet entraînant des tremblements 

  • Des problèmes sanguins comme une anémie entre autres 

  • Des troubles digestifs

  • Une atteinte rénale à l'origine d'une insuffisance rénale (insuffisance de fonctionnement de la filtration des reins).

Traitement : grâce à l'utilisation d'un antidote (D pénicillamine, dimercaprol) il est possible de traiter partiellement l'hydrargyrisme. En effet, ces molécules chélatent le mercure et l'éliminent.

 

L'érythème mercuriel

Il est une éruption prurigineuse en nappes de teinte rouge vermillon ou violacée, apparaissant brutalement dans les grands plis quelques heures après une exposition au mercure (inhalation de vapeurs de mercure, absorption transcutanée ou ingestion d'un dérivé mercuriel chez un patient sensibilisé au préalable) s'étendant ensuite de façon diffuse, bilatérale et symétrique en 3 à 5 jours et disparaissant progressivement sans séquelles. L'apparition de petites pustules 2 à 3 jours après le début de l'érythème, est fréquemment observée. Lors de contact cutané avec un dérivé mercuriel, une dermite de contact localisée peut être associée aux lésions décrites Les signes généraux sont fréquents (fièvre, malaise, adénopathies...).

Le traitement repose sur l'éviction de l'allergène et, à titre symptomatique, sur les corticoïdes et les antihistaminiques, l'infrathérapie.

 

Les syndromes néphrotiques

Les syndromes néphrotiques, causés ou non par le mercure d'ailleurs, peuvent avoir certaines complications évolutives propres :

  • thromboses vasculaires veineuses (phlébites, thrombose des veines rénales) ;

  • complications infectieuses ;

  • crises douloureuses abdominales.

Les effets neurologiques

Ils sont très nombreux :

  • Troubles de la vision par constriction du champ visuel

  • Troubles de la sensibilité superficiels et /ou profonds

  • Ataxies en écrivant, boutonnant, etc.

  • Altération de la parole

  • Altération de l'audition

  • Altération de la marche

  • Tremblements.

 

Mercure et alimentation (poissons)

D'après une page du Ministère de la Santé.

Évaluation des risques sanitaires liés à l'exposition au mercure des femmes enceintes et allaitantes et des jeunes enfants : hormis le méthylmercure (MeHg) les composés mercuriels peuvent être considérés comme négligeables (Afssa).

La quantité de méthyle mercure varie selon l'espèce, l'âge et la taille des poissons et selon la contamination de l'environnement. Le facteur d'accumulation du mercure dans les organismes est de 5.105 particulièrement dans les poissons qui n'ont aucun système de « dépollution ».

L'ensemble des données des études cliniques, en exposition accidentelle, converge pour retenir l'atteinte neurologique, secondaire à une exposition in utero et éventuellement post-natale, comme l'effet critique à prendre en considération. Les études épidémiologiques actuelles n'apportent pas de preuves de troubles du développement neuro-comportemental en lien avec une exposition au méthyle mercure à travers la consommation de poissons.

En l'état actuel des connaissances, les experts de l'Afssa ont estimé que la Dose hebdomadaire tolérable provisoire (DHTP) fixée par l'OMS pouvait être retenue comme valeur de référence toxicologique, soit 3,3 µg de méthyle mercure/kg de poids corporel/j et 5 µg de mercure total/kg de poids corporel/j.

L'évaluation de l'exposition au méthyle mercure ingéré avec les produits de la mer repose sur des données l'enquête INCA 1999. Les valeurs disponibles ne comportant que des teneurs en mercure total (Hg-T), le calcul d'exposition au méthyle mercure est fondé sur une hypothèse simplificatrice le mercure présent sous forme méthylée dans la chair des poissons est égal à 84 % du mercure total.

 

Thon rouge / Daurade 

Compte tenu du pouvoir bioaccumulatif du méthyle mercure dans des parties consommées (muscle), les poissons pélagiques, carnivores à vie longue et gras, tels que daurades, espadon, marlin, requin et thons, peuvent assez couramment présenter des teneurs en méthyle mercure plus élevées et dépasser la teneur maximale autorisée. Ce sont eux qui contribuent le plus aux apports.

La consommation de poissons d'élevage entraîne une exposition notoirement inférieure. La consommation de mollusques bivalves a peu d'influence.

 

Poisson et prévention des maladies cardio-vasculaires 

La consommation de poisson riche en oméga-3, à raison de deux repas par semaine, serait bénéfique dans la prévention des maladies cardio-vasculaires. Le poisson constituant la source majeure d'apport de méthyle mercure, cet apport a été pris en considération dans l'évaluation de la balance bénéfice/risque liée à la consommation de poisson : aucun élément scientifiquement fondé ne justifie une remise en cause des recommandations de consommation de poisson préconisées dans le cadre du Programme national nutrition-santé, soit deux fois par semaine y compris les poissons gras (maquereau, hareng, saumon).

Par contre, compte tenu de la sensibilité particulière du système nerveux central à l'action toxique du méthyle mercure durant le développement du fœtus, mise en évidence par des données expérimentales ou accidentelles lors d'expositions très élevées, il est recommandé aux femmes enceintes ou allaitant et aux jeunes enfants de favoriser une consommation diversifiée des différentes espèces de poisson sans privilégier, à titre de précaution, la consommation de poissons susceptibles de présenter des niveaux plus élevés de méthyle mercure tel que daurades, espadon, marlin, requin, thons. 

Le mercure n'est pas le seul danger. Enceinte, ce n'est pas non plus le moment d'abriter un parasite. Pour parer à tout risque évitez les sushi, sashimi, tartares et autres ceviches (poissons crus marinés). Les poissons crus, surtout quand ils ont été tardivement vidés, peuvent abriter un parasite alimentaire, l'anisakiase, responsable de l'anisakidose, la maladie du ver de hareng. Cette maladie est apparue au Japon et elle commence à s'implanter en Europe grâce aux succès de la cuisine japonaise.

 

 

Livres et références sur le mercure

  • Annuaire statistique Metaleurop.

  • C.U. Eccles et Z. Aman, eds., The Toxicity of Methylmercury, The John Hopkins University Press, Baltimore, 1987

  • D'Itri P.A. et D'Itri F.M., Mercury Contamination : A Human Tragedy, John Wiley, New York, 1977

  • Förstner & Wittmann, Metal Pollution in the Aquatic Environment

  • Friberg L. et Vostal J., Mercury in the Environment, CRC Press, Cleveland, Ohio, 1972

  • Géochronique : numéro sur le mercure, 2006

  • L'Actualité Chimique, avril-mai 1995

  • L'Usine Nouvelle, n° 2587, mars 1997

  • National Research Council Committee on the Toxicological Effects of Methylmercury, Toxicological effects of Methylmercury

  • National Academy Press, Washington, 2000

  • Pascal, P. (sous la dir. de), Nouveau traité de chimie minérale

  • Ramade F. Ecotoxicologie, Masson, Paris, 1977

  • Ramade F., Éléments d'écologie, écologie appliquée. Action de l'Homme sur la biosphère. McGraw-Hill, Paris, 1982

  • Smith W. E. et Smith A. M., Minamata. New York : Holt, Rinehart and Winston, 1975

  • Springer-Verlag, Berlin, 1979

  • Techniques de l'Ingénieur, 1993.

  • GENESIS, numéro 167 - Mai 2012 - Impact-Santé.fr 

  • Jacqmin, Helene et al. "Components of Drinking Water and Risk of Congntive impairment in the Elderly." American journal of Epidemiology. 139 (1994):48-57.

  • US agency for Toxic Substances and diseases registry. Lead. Toxicological profiles. Atlanta : Centers for Disease Control and prevention: 1999. PB/99/166704.

  • 3. Banks EC Ferreti LE, Shucard DW. Effects of low-level lead exposure on cognitive function in children : a review of behavioral, neuro psychological and biological evidence. Neurotoxicology 1997; 18; 237-81.

  • 4. Monod H., Flandrois R., Vandewalle H., Physiologie du sport, éditions Elsevier Masson, Paris, 2007.

  • 5. Sirven, J-B., travail de thèse. Détection de métaux lourds dans les sols par spectroscopie d'émission sur le plasma induit par laser. Université Bordeaux 1, France, janvier 2007.

  • 6. Risques sanitaires dus aux métaux lourds de la pollution atmosphérique transfrontalière à longue distance. OMS (Organisation mondiale de la santé), 2007.

  • 7. Reports on tasks for scientific cooperation : assessment of the scientific cooperation : assessment of the dietary exposure to arsenic, cadmium, lead and mercury of the population of the EU member States, mars 2004.

  • 8. Les effets des métaux lourds sur l'environnement et la santé, rapport d'information numéro 261 (2000-2001) du Sénat en France.

 

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